++Dans une maison de campagne adjacent à un ruisseau et dont le jardin était si immense qu'on n'en voyait pas la fin, vivait un beau chat dont la robe était d'un blanc aussi blanc que la neige et dont le poil était si soyeux qu'on aurait pensé que c'etait les cheveux d'un ange.
++La vie de ce chat était telle que tout les animaux domestiques auraient voulu avoir la même. Il ne demandait jamais rien et se contentait de cent coups de brosse par jour pour son poil, de sa paté, toujours servie à heure fixe ainsi que de toutes ses siestes sur le grand canapé en velours noir du salon.
++Ce n'était pas parce que ce chat avait une vie magnifique et qu'il ne demandait jamais rien, qu'il l'aimait. Au contraire, il avait toujours rêvé d'avoir une vie tellement differente de celle-ci : il aurait aimé être un chat de gouttière, vivre dans la rue, qu'on lui laisse les boules de poils qui se seraient formées dans sa robe, manger autre chose que de la paté, mais surtout se battre.
++Dans cette même maison vivait un autre animal, tellement plus petit que le roi du palais. Un animal qui avait sa propre maison dans la maison. Cet animal était un cochon d'Inde. Ce cochon d'Inde avait une robe tricolore : elle était blanche au niveau de sa tête, ce qui lui faisait encore plus resortir ses yeux et ses oreilles qui étaient d'un noir si noir qu'il paraissait terne; ocre au niveau du buste et des pattes et d'un noir de jais au niveau de son posterieur.
++Ce cochon d'Inde était vraiment different du chat. Il avait un espace de cinquante centimètres carré dans lequl il vivait, mangeait et dormait. Quand ce cochon d'Inde avait faim et qu'il voulait autre chose que ses graines il le disait. Quand il voulait qu'on lui tienne compagnie et qu'on lui fasse un brin de causette, il le disait. A chaque fois qu'il voulait quelque chose, il le disait.
Cette vie là, le cochon d'Inde s'en contentait, il l'aimait et ne voulait pour rien au monde vivre dans un champ. Rien qu'a l'idée d'y penser, il avait des frissons qui lui parcouraient l'échine.
++Un jour, alors que la cage du cochon d'Inde avait mal été fermée, il pensa pouvoir se balader dans la maison en toute confiance, sachant qu'il connaissait bien le chat et qu'il l'aimait bien même s'il ne le trouvait pas très bavard. Il sortit donc de sa cage et traversa la cuisine sans embuches. Il contourna les pieds de chaise et de table toujours sans embuches et atterit enfin au salon, où il vit son ami le chat faire la sieste sur le grand canapé.
++Son ami le chat, sentit sa présence et ouvrit un oeil, puis l'autre. A cet instant une idée lui traversa l'esprit : c'était la bonne occasion pour réaliser son rêve : il pourrait enlever la vie de ce rongeur en un coup de ses puissants crocs aiguisés et être jeté à la rue pour ce crime. Le cochon d'Inde se rendit compte que qulque chose n'allait pas et rebroussa chemin pour aller se refugier dans sa cage. Mais ses petites pattes ne faisaient pas le poids face à celle du chat. Comme celui-ci l'avait predit, il arracha la vie de cet être sans defense. Alors qu'il avait le cochon d'Inde dans la gueule, ses maîtres arriverent et le jeterent dehors comme devait se derouler son plan
++Ce que n'avait pas prévu le chat dans son plan si magnifiquement préparé, c'etait qu'il avait toujours vécu en tant que chat de salon et ne connaissait pas la cruauté de la vie exterieure, ni même que des animaux plus grands et plus méchants existaient.
++Sa vie se termina comme celle du cochon d'Inde: entre les crocs d'un chien.
++Le chat qui semblait doux et qui ne parlait jamais avait donc tué son ami le cochon d'Inde qui, lui, parlait à longueur de journée, pour vivre une vie que personne doutait qu'il aurait voulu avoir.